A quel moment on nous a fait croire que c’était une bonne idée ?

Vivre pour les autres au point de s’oublier… A quel moment on nous a fait croire que c’était une bonne idée ?

Parce que depuis qu’on est petit, on a toujours entendu que c’était pas bien de penser à soi. Education religieuse, bienséance, bienveillance. Mais réfléchissons. Si on fait le bilan, comparons le nombre de fois où on a entendu des « Pense à lui/elle/moi », et celles où on a entendu un « Pense à toi ». Alors ok, on va dire que si on pense aux autres, et que les autres pensent à nous, ça s’équilibre… Mais depuis quand les maths s’adaptent à la vie sociale ? Pour bien nous faire adopter cette idéologie de « l’oubli de soi ». On nous a mis en avant des modèles, comme Mère Térésa… Ah si tout le monde était comme elle, le monde irait mieux. Je suis d’accord, mais pas pour la raison la plus évidente du don de soi, mais j’y reviendrais plus bas. 

Quoi qu’il en soit, pour appuyer encore plus l’argumentaire, l’être humain dans son rôle de mentor finit toujours par mettre en avant le mot qu’il ne faut pas prononcer comme Voldemort pour un magicien connu : Egoïste. « De toute façon, t’es qu’un(e) égoïste ! »

En fait, toute mon enfance, parce que je vais parler de moi sur ce paragraphe, j’ai entendu que si je pensais à moi, j’étais égoïste, si je ne partageais pas, j’étais égoïste, et qu’égoïste c’était le pire des défauts. Qu’il était à la base de tous les problèmes du monde. Le manque d’unité, le manque de humanité, les guerres, la pauvreté… Qu’est-ce qu’il peut se passer dans la tête d’un enfant à qui le monde assène qu’il faut penser aux autres ?

Et je me suis construit dessus.

Mais… attendez-une minute… Qui a dit qu’être égoïste était un défaut ? Qui a décidé de faire un lien entre égocentrisme et égoïsme ? 

Egoïsme : Attachement excessif à soi-même qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir et son intérêt personnels.

Egocentrisme : Tendance à tout rapporter à soi, à ne s’intéresser vraiment qu’à soi.

Est-ce à dire que l’on peut être égoïste sans être égocentrique ? Que l’on peut penser à soi en toute circonstance sans ne s’intéresser qu’à soi ? C’est mon avis. Il m’a fallut 31 ans pour me sortir de cette sombre histoire, 31 ans avant de commencer à assimiler un concept simple : Penser à soi en premier n’empêche en rien de penser aux autres, cela permet juste de ne pas s’oublier.

Mère Térésa, on y revient. Ma vision des choses est que vouer sa vie aux autres est un acte avant tout, et parfaitement, tourner vers soi. Savoir ce que ça évoquait chez elle, ce qu’elle en tirait comme bénéfice personnel immatériel a justifié sa démarche altruiste mais avant tout, c’est une démarche faite en accord avec elle même, avec ses besoins, et de ce fait, c’est une démarche égoïste. En cela, elle n’est pas différente d’un certain D. Trump, égoïste aussi. La finalité, c’est ce que chacun d’eux à fait de son égoïsme.

Parce que penser à soi en premier, mais le faire avec discernement, ça change tout. Parce que quand on est un égoïste lucide, on est capable dans une même situation, de penser à nos besoins mais aussi de savoir sur quoi on peut s’asseoir pour le bien de l’autre, sans que cela ne vienne nous nuire. Être égoïste donc, par essence, c’est presque le contraire d’être égocentrique car l’égoïste ne peut que s’intéresser aux autres, leurs avis, leurs envies, et leurs désirs pour savoir comment lui, souhaite se positionner. Sinon il est égocentrique. Donc par nature, il faut de dire que l’égoïste ne pense qu’à lui. Non, il pense à lui en premier et comme il aime les autres, il agit en fonction de lui, mais en les prenant en compte, ce qui le force à faire preuve de discernement.

Bien entendu, je ne parle pas d’un égoïsme à l’excès, car tout trait de caractère à l’excès devient problématique, mais penser à soi, c’est survivre. Serait-on seulement là si nos chers lointains ancêtres venant de capturer un animal sauvage pour le manger s’étaient mis à penser aux autres prédateurs avant eux ? « Tiens petit loup, voici le fruit de ma chasse. Pense à en laisser aux ours et dis leurs de me laisser une cuisse si l’appétit est comblé, de sorte que je la partage avec ma tribu. » Même dans les Disney on ne va pas si loin. Parce que ça ne fait pas de sens… 

Mais alors à quel moment on s’est dit que c’était une bonne idée de dire aux enfants qu’ils devaient penser aux autres, sans leur expliquer qu’au milieu de ça, ils se devaient surtout de ne pas s’oublier au milieu, de rester connectés à leurs besoins et valeurs ? 

Je vais reparler de moi, je vous disais que je m’étais construit sur ce postula, que pour être heureux, il ne fallait pas penser à soi, mais se « sacrifier » pour que les autres puissent être heureux et que ça finirait par me revenir. Merci pression sociale, d’avoir créé ce paradoxe dans le simple but de te satisfaire. Donc c’est comme ça qu’on doit faire, que chacun pense à l’autre, mais à quel moment « chacun » réfléchis à savoir ce qui est important pour lui ? Si l’autre veut que j’aille dans une direction qui le satisfait lui, mais qui me met à mal, dois-je être altruiste ? Comment faire pour penser, à ce moment là, à mon besoin, si on ne m’a jamais expliquer ni comment le faire, ni pourquoi il fallait le faire ?

L’exemple qui me vient, c’est que jusqu’à mes 31 ans, je me suis engagé dans des relations auxquelles j’aurais du mettre fin plus rapidement en pensant un minimum à moi et en me questionnement sur ce qui faisait réellement mon bonheur. Au lieu de cela, je suis resté en pensant à tort ou à raison, que l’autre avait besoin de ça, de moi pour être heureux, parasitant moi même sa propre faculté à répondre à cette question. Vous voyez venir la conclusion ? Ni moi ni l’autre n’étions vraiment heureux, préférant laisser le bateau couler plutôt que de se demander si cela faisait du sens pour nous individuellement, de rester dans cette situation.

En conclusion, soyons égoïstes pour s’assurer de ne jamais nous oublier. Soyons égoïstes, mais égoïstes lucides. Comprenons où sont nos importants mais aussi où sont nos indifférents et, sans orgueil, sachons lâcher du lest sur ces derniers.

Oublions donc nos fausses bonnes idées de ne pas penser à nous parce que quelqu’un a dit un jour qu’être égoïste empêchait de vivre en harmonie. Harmonisons nous déjà avec nos besoins, et nous pourrons réellement nous occuper de ceux des autres.

Comment faire ? En faisant un point sur sa vie, bien entendu et surtout, en changeant de point de vue.

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